Le tiers et le contrat (2007)
- L'exclusion de principe du tiers
- L'absence d'effets du contrat vis-à-vis des tiers : la théorie de l'effet relatif
- Une exclusion relative, la notion d'opposabilité
- Le tiers devenu partie au contrat
- La substitution d'un tiers à une partie
- Des contrats pouvant produire des effets vis-à-vis des tiers
Le Code Civil de 1804 excluait, par principe, le tiers de la relation contractuelle mais ne donnait aucune définition du cocontractant, ni du tiers au contrat. Si ce mécanisme de l’effet relatif du contrat conserve, aujourd’hui, toute son importance, cette lacune persiste, si bien qu’il est parfois difficile de déterminer la qualité de certaines personnes au vu de la convention. L’enjeu de la définition du terme « tiers », en matière contractuelle, est cependant de taille, puisqu’il permet de déterminer les relations entre le contrat, les cocontractants et les personnes étrangères à cette convention. Si l’on peut être tenté de voir en la qualité de partie la personne ayant consenti au contrat, et ainsi d’obtenir une définition résiduelle de la notion de tiers, cela conduirait à dénier la qualité de partie à certaines personnes, tels les représentés. Plus précisément, il convient d’entendre par « tiers » tout individu n’ayant pas consenti au contrat et devant en principe y rester étranger. Ainsi, si le tiers est, en principe, exclu des effets du contrat (I), il n’en demeure pas moins une possibilité pour lui de devenir partie à un contrat auquel il n’avait pas consenti lors de la conclusion (II).
[...] Si cette convention a bel et bien pour effet de faire d’un tiers une partie au contrat, il résulte de ce texte la nécessité du consentement de l’intéressé. Cette exception n’est donc qu’apparente puisque le tiers s’engage volontairement et que le porte-fort ne s’engage pas, en théorie, à ce qu’il exécute l’obligation mais à obtenir son consentement. Bibliographie Droit Civil - Deuxième année, Y. Buffelan-Lanore, Armand Colin Droit Civil Les Obligations, L. Grynbaum, Hachette Supérieur Droit Civil Les Obligations, 9ème Edition, Terré, Simler et Lequette, Précis Dalloz Droit Civil 2ème Année Les obligations, S. [...]
[...] La jurisprudence exige dans ce cas une acceptation de l’intéressé (Civ. 1ère déc. 1987), laquelle peut juridiquement s’analyser comme un consentement à un contrat. Le mécanisme de l’action directe, renforcé par l’apparition des chaînes et groupes de contrat, ouvre également des droits à un tiers au contrat. Cette exception à l’article 1165, parfois totalement légale (art. L124-3 C. Assurances, art du Code civil), se fonde, dans les cas prétoriens, sur la notion d’ensemble contractuel et la théorie de l’accessoire. En application de cette idée d’ensemble contractuel, l’on pourrait contester la qualité de tiers du fait d’une extension de celle de partie, ou invoquer la distinction entre tiers et penitus extranei. [...]
[...] Ainsi peut-on considérer, en matière de vice du consentement, que la responsabilité délictuelle du tiers-complice découle de cette approche de l’opposabilité. La possibilité d’opposer le contrat aux tiers peut cependant recevoir exception. Ainsi les créanciers peuvent-ils exciper de l’inopposabilité à leur égard d’un contrat passé en fraude de leur droit (art. 1167) ou d’une simulation (art. 1321). Enfin, la jurisprudence a pu reconnaître, toujours sur le fondement de l’article 1165, la possibilité pour les tiers d’opposer le contrat aux parties. Cela s’est tout d’abord limité à permettre d’user du contrat comme source d’information (Civ. [...]
L'équilibre des prestations contractuelles
«Le respect de l'équilibre des prestations contractuelles, expression de la volonté des parties. Un déséquilibre contractuel dans la formation du contrat, toléré, mais encadré par le législateur. La sanction du déséquilibre contractuel dû à un défaut d'exécution. La correction des déséquilibres...»
«Le code civil, à travers les articles contenus dans le titre III traitant du droit des obligations est incontestablement empreint du concept de l'autonomie de la volonté, défini comme « Le pouvoir qu'à la volonté de se donner sa propre loi » dont découle la liberté contractuelle et le...»
Droits des obligations : 22 fiches
«Les classifications des contrats. Les classifications des contrats d'après le Code civil. Les classifications sous-entendues par le Code civil. Les classifications apparues postérieurement au Code civil. La théorie de l'autonomie de la volonté. L'analyse autonomiste des règles du...»
«Fiche 1 : La classification des contrats Fiche 2 : La théorie de l'autonomie de la volonté Fiche 3 : L'existence du consentement Fiche 4 : Les vices du consentement Fiche 5 : Capacité, objet et cause du contrat Fiche 6 : Conditions de forme du contrat Fiche 7 : Sanction des conditions de...»
Commentaire d'arrêt Assemblée Plénière, 6 octobre 2006
«L'extension de l'effet relatif du contrat aux tiers. L'opposabilité du contrat. Des divergences de solution au sein de la Cour de cassation. Vers une confusion des responsabilités contractuelles et délictuelles. Consécration de la position de la solution de la Chambre civile. Une solution...»
«Mots-clés : droit privé & contrat, droit des obligations, commentaire d'arrêt, raisonnement juridique, code civil Notre avis : Ne dérogeant pas à la règle, ce commentaire d'arrêt interroge la décision prise par la Cour de cassation lors de l'assemblée plénière du 6 octobre 2006. Le...»
