La souffrance au travail
- Le leitmotiv de la performance : un environnement concurrentiel tentaculaire préjudiciable à la solidarité professionnelle
- Le refrain de la rentabilité et de la « flexibilité à outrance » comme couperets sociaux
- La montée des individualismes comme symptôme d'une dégénérescence sociale
- Les aspects délétères de la pression : une « instrumentalisation stigmatisante » nocive à l'état psychique de la sphère salariale
- La figure prédatrice du management contemporain à travers le spectre du harcèlement moral et la prolifération de la violence
- L'omniprésence du stress et de l'urgence dans la sphère professionnelle : une composante à géométrie variable
- La souffrance au travail comme épiphénomène métamorphosé en affection médiatique : entre analyse psychodynamique et prescriptions « salvatrices »
- La recrudescence des « dérives comportementales » comme réponse au mal-être ambiant
- La lutte contre la souffrance au travail sous le prisme d'une approche clinique
La dramaturgie médiatique de la détresse professionnelle donne à cette affection une dimension sociale éminente puisqu’il semble que la souffrance mentale au travail soit devenue synonyme de problème récurrent dans les relations professionnelles contemporaines.
Le travail n’est autre que l’activité déployée par les hommes et les femmes pour faire face à ce qui n’est pas déjà donné par l’organisation prescrite du travail . Le salarié travaille pour une organisation qui le rétribue financièrement mais il fait souvent l’office de victime sacrificielle car l’aléa économique et la concurrence mondiale éclipsent généralement le capital humain. Le marché du travail peut être dépeint comme un champ de bataille où combattent les entreprises dans l’espoir que le camp adverse s’essoufflera le premier. Le nerf de la guerre n’est autre que la quête de compétitivité et de performance. Les salariés revêtent alors le costume de fantassins qui exécutent les ordres et subissent la pression de leurs supérieurs. La gestion et le contrôle des « troupes » doivent faire l’objet d’une analyse attentive en ce qu’elle est déterminante dans l’adoption d’une stratégie défensive. La gestion se définit comme un ensemble de techniques destinées à rechercher « l’organisation de la meilleure utilisation des ressources financières, matérielles et humaines » pour assurer la pérennité de l’entreprise. En outre, il s’agit de l’ensemble des pratiques managériales mises en place par la direction d’une entreprise ou d’une organisation pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée. A titre d’illustration, ces pratiques managériales ont un effet sur les conditions de travail, sur la nature des rapports hiérarchiques, sur le système d’évaluation et de contrôle des résultats ainsi que sur les politiques de gestion du personnel.
L’organisation du travail place la productivité et le rendement au cœur de ses préoccupations ce qui se répercute sur la collectivité salariale. En effet, on peut déceler un lien de causalité entre l’idéologie gestionnaire contemporaine et la souffrance au travail comme le démontre la psychodynamique du travail. Cette dernière étudie la souffrance psychique résultant de la confrontation de l’homme à l’organisation du travail qui ordonnance, surveille et contrôle les activités. Le mal-être ou le « mal-vivre ensemble » est un état émotionnel en lien avec le contexte organisationnel et relationnel. Une inquiétude des salariés sur leur avenir, des modes dégradés de relations de travail, une perte de repères des salariés sur la place qu’ils occupent dans l’organisation, une difficulté à faire face à des situations d’instabilité sont autant de causes qui ternissent le bien-être de la masse salariale.
[...] En effet, l’ergonomie permet l’analyse du poste de travail par une observation directe voire des mesures d’ambiance du bruit qui permettent de suggérer une modification de poste pouvant alléger la charge du salarié. L’intervention ergonomique, en conciliant santé des travailleurs et objectifs économiques des employeurs, a pour finalité d’améliorer les conditions de travail et la santé des travailleurs mais également l’amélioration du fonctionnement, de l’organisation, de la gestion des ressources humaines de l’entreprise. De manière sous-jacente, elle invite au dialogue social. [...]
[...] Le lieu de travail comme espace de socialisation est donc une époque révolue La décrépitude de l’esprit collectif comme conséquence inhérente aux aspirations gestionnaires L’objectif d’excellence humaine aurait conduit à une fragmentation de la société. En effet, les soutiens collectifs ont perdu en force et en légitimité face à des politiques de ressources humaines et des entreprises qui institue l’individualisation. Cette individualisation forcenée du rapport au travail est critiquée car elle permettrait à l’employeur d’imposer facilement à l’employé des contrats courts. Celle-ci est notamment induite par une sollicitation exacerbée des individus et une compétition mondiale muée en compétition interne (entre les salariés d’une même entreprise). [...]
[...] La prévention et la pluridisciplinarité comme procédés thérapeutiques adéquats : vers de nouveaux préventeurs de la santé au travail ? L’effet apaisant de l’écoute des ressentis : entre prévention et réinsertion La nécessaire introspection et responsabilisation des entreprises face au phénomène de souffrance au travail Conclusion Bibliographie La dramaturgie médiatique de la détresse professionnelle donne à cette affection une dimension sociale éminente puisqu’il semble que la souffrance mentale au travail soit devenue synonyme de problème récurrent dans les relations professionnelles contemporaines. [...]
[...] La précarisation de l’emploi est devenu le pain quotidien du travailleur qui est sacrifié sur l’autel du rendement et des profits économiques. Le salarié est également exposé à une mobilité grandissante subie ou volontaire et cet état de fait ne pourra sans doute que se confirmer par l’avenir. L’avenir du travail sera comme une navigation libre entre des périodes d’emploi sédentaire, d’emploi nomade et de formation »[14].En effet, pour rester employable il faudra montrer ses qualités de voyageur[15]. C’est à dessein que l’on peut parler ici de la constante progression du taux de mobilité externe : en 1997 et 12% en 2000[16]. [...]
[...] Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi?" [11]cela met en évidence le caractère inévitable de la flexibilisation du marché du travail. Depuis 20 ans la précarité ne cesse de se renforcer dans les entreprises et les services publics et on perçoit une certaine densification du travail c’est-à-dire une exigence de plus en plus accrue de polyvalence et d’autonomie de la sphère salariale. Cette tendance à l’accroissement de l’autonomie touche toutes les catégories, y compris les ouvriers non qualifiés. L’explication de cette autonomie est à aller chercher du côté des nouvelles politiques de gestion des ressources humaines des entreprises. [...]
"Travail, usure mentale", Christophe Dejours
«Résumé de l'ouvrage. Essai de psychopathologie du travail. Méthodologie en psychopathologie du travail. Addendum 1993 : de la psychopathologie à la psychodynamique. Addendum 2000: nouvelles formes d'organisation du travail et LER. Analyse de l'ouvrage. Une nouvelle organisation du travail, une peur...»
«C. DEJOURS aborde le sujet de la souffrance dans ce qu'elle a d'appauvrissant à travers divers exemples historiques, en partant du mouvement ouvrier et du rapport entre travailleurs, patrons et Etat. Il veut faire apparaître des vécus différenciés et irréductibles les uns aux autres, qui rendent...»
La prise en charge des situations de souffrance au travail
«L'établissement d'un diagnostic des situations de souffrance. L'identification des situations de souffrance. La recherche des origines de la souffrance. La mise en 'uvre de solutions adaptées d'accompagnement et de prévention de la souffrance à court et moyen terme. Le processus d'action à court...»
«Santé et souffrance au travail sont deux notions corrélatives, qui se situent aujourd'hui au coeur de l'actualité et sur le devant des scènes politiques et médiatiques françaises, avec la mise en exergue de situations de souffrance pouvant atteindre un seuil irréversible. En effet, la...»
Les contrats en alternance (apprentissage et professionnalisation) : mode d'insertion privilégié...
«Etude des contrats en alternance. Présentation des principaux contrats aidés. Les contours des contrats en alternance : géographie et recensement. La promotion des contrats en alternance. La promotion gouvernementale. La promotion professionnelle et syndicale. Les atouts et inconvénients des...»
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Chambre mixte de la Cour de cassation, 19 novembre 2010 - la délégation de pouvoir dans une...
«L’apport majeur de la décision de la Cour de cassation sur la délégation de pouvoir. Le recadrage de la Cour de cassation par l’interprétation de l’article L227-6. La normalisation de la délégation du pouvoir de licencier dans la société par actions simplifié. L’absence...»
«Le 19 novembre 2010 la Cour de cassation dans sa composition mixte (réunissant des conseillers de la deuxième chambre civile, de la chambre commerciale, financière et économique et de la chambre sociale) a rendu un arrêt de censure. Les juges du droit ont été alors amenés à résoudre une grande...»
