Responsabilité pénale et responsabilité politique
- La pénalisation de la responsabilité politique
- La responsabilité pénale, subtitut de la responsabilité politique
- La criminalisation de la vie politique locale
- La préservation de la responsabilité politique: les immunités pénales et les pivilèges de juridiction
- Le statut pénal de la ''présidence'' de la république
- La responsabilité pénale limitée des ministres et des parlementaires
De l’affaire Stavisky à l’affaire du sang contaminé, l’erreur politique, dictée par l’opportunité et les normes en vigueur, a été traduite à de maintes reprises en termes de responsabilité pénale. En effet la responsabilité politique, suppose que les élus soient responsables devant le peuple dont ils procèdent. À l’inverse du concept méta juridique de responsabilité politique, la responsabilité pénale exige de caractériser une faute pénale imputable à un individu identifié qui se trouve à la source du dommage.
L’approfondissement de l’état de droit, relayé par une aspiration légitime à une justice égale pour tous, favorise une pénalisation croissante de la vie politique. Les grands commis de l’état ont abdiqué une part de leur responsabilité politique au profit d’une responsabilité pénale. Désormais celle-ci s’insinue au niveau de tous les rouages de notre vie publique, tant au niveau national que local.
Cependant, la Ve République a institué des mécanismes de protection des mandats de nos personnalités politiques afin que la responsabilité pénale ne vienne pas interférer avec le suffrage universel.
[...] Cette procédure à la marge de la procédure pénale et du procès politique permet de destituer l’homme politique visé. Elle a pour objectif une mise en jeu de la responsabilité politique guidée par des techniques qui relèvent de la responsabilité pénale. En France, l’utilisation dénaturée de l’article 49 de la Constitution de 1958, ainsi que la réticence à mettre en jeu la responsabilité politique du gouvernement et de la présidence par un recours plébiscitaire du référendum, tend à vider de tout sens la notion de responsabilité politique. L’arme de la censure du gouvernement demeure stérile. [...]
[...] Les maires et les préfets sont mis en cause dans diverses affaires pour leur négligence ou leur imprudence. L’utilisation, parfois excessive de la notion de faute non intentionnelle, est à l’origine de l’intervention croissante du juge judiciaire dans le domaine de la vie publique. Le législateur s’est engagé à modifier à deux reprises l’article 121-3, notamment par la loi du 13 mai 1996 puis par la loi du 10 juillet 2000 et ce avec pour objectif affiché d’alléger le poids de la faute non intentionnelle. [...]
[...] La responsabilité pénale limitée des ministres et des parlementaires Jusqu’à la révision constitutionnelle du 27/07/1993, les membres du gouvernement étaient responsables des crimes et délits dans l’exercice de leurs fonctions devant la Haute Cour, ainsi que leurs complices en cas de complot contre la sûreté de l’Etat. Depuis la révision de la Constitution de 1993, la Haute Cour a été remplacée par la Cour de Justice de la République intégrée dans l’article X de la Constitution de la responsabilité pénale des membres du gouvernement Elle est compétente pour connaître de la responsabilité pénale des ministres et non celle de la présidence de la république. Les ministres sont pénalement responsables des crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. [...]
[...] En dernier lieu la loi du 4 janvier 1993 a supprimé la caste des intouchables en mettant fin à la procédure de dépaysement Cette procédure dérogatoire au droit commun, permettant de faire juger des préfets ou des maires auprès des juridictions spécialement désignées par la Chambre Criminelle de la CC°. La procédure de délocalisation avait pour but de supprimer les connivences locales mais était frappée d’une certaine suspicion d’impunité des notables mis en cause. Les hauts fonctionnaires sont désormais de simples justiciables insérés dans la chaîne administrative. [...]
[...] Il est jugé par la Haute Cour de Justice. Cet article a fait l’objet de plusieurs interprétations. Dans un premier temps il s’agissait de considérer que le Président de la République relevait des juridictions ordinaires de droit commun pour tous les actes réalisés en dehors de se s fonctions. L’argument a été soutenu par le Tribunal Correctionnel de Paris par un arrêt du 3 juin 1974 qui s’était reconnu compétent pour connaître des poursuites exercées à l’encontre de V.G.E pour des infractions commises avant son entrée en fonction. [...]
La responsabilité politique
«L'ambiguïté de la responsabilité politique. Responsable mais pas coupable ? La responsabilité politique sous la Vème. La subversion de la responsabilité politique.»
«La multiplication des « affaires », comme celles du sang contaminé, de la canicule, de la vache folle et aujourd'hui de la grippe aviaire, met la responsabilité des décideurs politiques sur le devant de la scène. En droit, la responsabilité c'est l'obligation d'assumer et de réparer un dommage ou...»
La responsabilité pénale des sociétés, personnes morales
«La nécessité d'une responsabilité pénale des sociétés. Une nouveauté du Code pénal de 1994. L'élargissement des conditions de mise en oeuvre de la responsabilité pénale des sociétés. Les failles du principe de la responsabilité pénale des sociétés, personnes morales. Les difficultés d'applicabilité...»
«Le 12 décembre 1999, le pétrolier l'Erika qui passait à une cinquantaine de kilomètres des côtes bretonnes se brisait en deux, répandant environ 20 000 tonnes de fioul lourd. Les conditions météorologiques et la nature du produit visqueux n'ont pas permis d'effectuer un pompage rapide. La...»
Arrêt Bertrand, Cass. Civ. 2ème, 19 février 1997
«L'affirmation d'un principe de responsabilité parentale objective. L'abandon de l'idée d'une présomption de faute des parents. L'impact sur les conditions de cette responsabilité. La restriction des causes d'exonération. L'abandon de la possibilité de prouver l'absence de faute des...»
«La responsabilité des parents du fait de leur enfant mineur a connu en jurisprudence une évolution progressive vers une responsabilité objective, jusqu'à l'arrêt Bertrand de la 2ème chambre civile de la Cour de cassation, en date du 19 février 1997. En l'espèce, 24 mai 1989, une collision était...»
Cour de cassation, chambre criminelle, 16 décembre 2009 - mesures de sûretés et non-rétroactivité
«Les mesures applicables aux délinquants aliénés. L’évolution opérée en matière de responsabilité pénale des personnes atteintes de troubles mentaux. La loi du 25 février 2008 : L’instauration d’une rétention de sûreté et d’une déclaration d’irresponsabilité pénale pour...»
«La chambre criminelle de la Cour de cassation le 16 décembre 2009 a dû se prononcer s'agissant de la condamnation d'une personne atteinte de troubles mentaux. Ceux-ci, étant des causes de non-imputabilité écartant ou atténuant donc la responsabilité pénale de l'auteur. En l'espèce, un homme se rend...»
