Première chambre civile de la Cour de cassation, 22 février 1978 - l'erreur sur la substance comme vice de consentement
- La substance, erreur vice de consentement
- Un litige porté sur l'authenticité du tableau
- L'erreur sur la substance, cause de nullité
- Problème posé par la conviction de l'erreur lors du contrat
- Seule compte la conviction au moment de la vente
- La persistance des débats et des enjeux théoriques
Les époux Saint-Arroman ont confié au commissaire-priseur Rheims, la vente aux enchères publiques d’un tableau attribué par tradition familiale à Nicolas Poussin. L’oeuvre fut inscrite au catalogue de la vente comme attribuée à l'École des Carrache. Cette dernière fût adjugée en février 1968 à un marchand pour 2200 F. L’œuvre a été préemptée par l'État pour le musée du Louvre qui l’a, par la suite, exposée comme une oeuvre de Nicolas Poussin.
Par jugement du 13 décembre 1972, le tribunal de grande instance de Paris a prononcé la nullité de la vente pour vice de consentement des vendeurs en raison de l'erreur sur la substance. Ce jugement a été infirmé par l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 2 février 1976, puis cassé par arrêt du 22 février 1978 par la cour de cassation.
Il est intéressant d’analyser cet arrêt car il pose les problèmes « à l’envers ». En effet, ce sont les vendeurs qui veulent obtenir la nullité de la vente et non les acheteurs comme c’est le cas la plupart du temps. De plus, cette affaire a eu de nombreuses répercussions dans la mesure où elle a ouvert la voie à plusieurs autres contentieux de ce type en matière d'acquisitions. Le contentieux le plus caractéristique du marché de l'art porte sur les contestations relatives à l'authenticité des pièces, qui constitue une qualité substantielle dont la contestation peut amener à l'annulation de la vente pour " erreur sur la substance " (article 1110 du Code civil). Sur le plan juridique, l'affaire a apporté des éléments importants à la théorie générale des contrats et à l'interprétation de l'erreur sur les qualités substantielles pouvant entraîner la nullité de la vente dans le cadre de l'application de l'article 1110 du Code civil.
L’erreur sur la substance constitue-t-elle une erreur vice de consentement dans le cas ou la conviction de l’authenticité du tableau aurait été établie avant la vente?
[...] A titre d'exemple, on peut parler de l'annulation d'une promesse de vente au musée de Strasbourg d'un tableau que le propriétaire croyait attribuer à Simon Vouet. Annulation au motif que le musée acquéreur aurait eu la certitude, en raison d'informations données par le laboratoire des musées de France, que le tableau était de Simon Vouet lui-même. Tribunal de grande instance en février 1988. D’autre part, le paradoxe d’insécurité juridique provient du fait qu’il faut, pour savoir s’il y a ou non erreur, confronter la conviction du contractant au jour du contrat. [...]
[...] Par jugement du 13 décembre 1972, le tribunal de grande instance de Paris a prononcé la nullité de la vente pour vice de consentement des vendeurs en raison de l'erreur sur la substance. Ce jugement a été infirmé par l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 2 février 1976, puis cassé par arrêt du 22 février 1978 par la Cour de cassation. Il est intéressant d’analyser cet arrêt car il pose les problèmes à l’envers En effet, ce sont les vendeurs qui veulent obtenir la nullité de la vente et non les acheteurs comme c’est le cas la plupart du temps. [...]
[...] 1ère févr.1978 "L’authenticité accordée aux groupes humains et à leur travail artistique est une conséquence de certaines conceptions de temporalité, de totalité et de continuité". James Clifford Les époux Saint-Arroman ont confié au commissaire-priseur Rheims, la vente aux enchères publiques d’un tableau attribué par tradition familiale à Nicolas Poussin. L’oeuvre fût inscrite au catalogue de la vente comme attribué à l'École des Carrache. Cette dernière fût adjugée en février 1968 à un marchand pour 2200 F. L’œuvre a été préemptée par l'État pour le musée du Louvre qui l’à, par la suite, exposée comme une oeuvre de Nicolas Poussin. [...]
[...] La croyance des époux ne concordant pas avec la réalité même incertaine, il y avait bien erreur. Pour se prononcer sur l’existence d’un vice du consentement au moment de la formation du contrat, les juges du fond peuvent faire état d’éléments d’appréciation postérieure à cette date. Le couple vendeur peut évoquer l’erreur sur sa propre prestation bien qu’en général, l’erreur du contrat porte sur la prestation reçue de son partenaire. Dans le cas des œuvres d’art, l’erreur la plus souvent alléguée est celle de l’acheteur qui croyait acquérir un tableau authentique. [...]
[...] L’erreur sur la substance, cause de nullité Concernant l’erreur sur la substance, deux conceptions s’affrontent. La première suit une conception objective: «l’error in substantia» selon laquelle la qualité substantielle de la chose est sa qualité principale. Ce serait donc celles qui lui donnent sa nature spécifique et dont l’absence la dénaturerait à un point tel qu’elle deviendrait autre chose. La conception subjective, quant à elle, suppose que la qualité substantielle est la qualité jugée déterminante par celui qui s’est trompé. [...]
Commentaire de la Cour de cassation du 22 février 1978 (Affaire Poussin)
«L'erreur de bonne foi sur la qualité substantielle d'une chose. L'appréciation nécessaire de l'erreur au moment de la clause contractuelle. Une possible annulation contractuelle selon l'erreur sur la substance de la chose. L'acceptation par la cour de cassation de l'erreur au profit d'un doute lors...»
«Le contrat constitue l'un des fondements de notre société actuelle. En droit civil, le contrat est définit comme un acte juridique conventionnel générateur d'obligations et permettant le transfert de droits réels. Il est définit à l'article 1101 du code civil qui l'indique comme étant « une...»
Droits des obligations : 22 fiches
«Les classifications des contrats. Les classifications des contrats d'après le Code civil. Les classifications sous-entendues par le Code civil. Les classifications apparues postérieurement au Code civil. La théorie de l'autonomie de la volonté. L'analyse autonomiste des règles du...»
«Fiche 1 : La classification des contrats Fiche 2 : La théorie de l'autonomie de la volonté Fiche 3 : L'existence du consentement Fiche 4 : Les vices du consentement Fiche 5 : Capacité, objet et cause du contrat Fiche 6 : Conditions de forme du contrat Fiche 7 : Sanction des conditions de...»
Commentaire d'arrêt Assemblée Plénière, 6 octobre 2006
«L'extension de l'effet relatif du contrat aux tiers. L'opposabilité du contrat. Des divergences de solution au sein de la Cour de cassation. Vers une confusion des responsabilités contractuelles et délictuelles. Consécration de la position de la solution de la Chambre civile. Une solution...»
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